Un mycélium blanc cotonneux étendu sur les solives et les maçonneries d'un vide sanitaire sombre et humide, avec une suspicion de mérule.
Prélèvement du mycélium et analyse en laboratoire (microscopie et qPCR), suppression de l'humidité à la source par le propriétaire, puis bûchage et traitement fongicide des bois et des maçonneries.
Le constat : un feutrage blanc sur les solives
L'accès au vide sanitaire de cette maison de Blanquefort a révélé un mycélium blanc cotonneux développé en cordons sur les solives du plancher bas, avec des prolongements sur la maçonnerie voisine. Le volume est bas, sombre, peu ventilé, et le sol reste humide. Ce sont les conditions typiques de développement des champignons lignivores.
Sur plusieurs solives, le bois avait déjà perdu sa cohésion en surface : zones plus claires, fibres délitées, aubier tendre au grattage. On voyait aussi des traces d'humidité brunes autour des appuis dans la maçonnerie, là où le bois reste le plus longtemps mouillé.
Un feutrage blanc de ce type fait immédiatement penser à la mérule pleureuse. Mais plusieurs champignons présentent un mycélium proche à l'œil nu, et les conséquences ne sont pas les mêmes. La mérule traverse les maçonneries, se propage vite et sa présence fait l'objet d'une obligation de déclaration en mairie.
Pourquoi nous avons fait analyser un prélèvement
Plutôt que d'engager un traitement générique sur une simple ressemblance visuelle, nous avons prélevé un échantillon du mycélium et l'avons adressé au laboratoire spécialisé Fongilab. L'analyse a combiné deux approches : un examen microscopique à la recherche des structures caractéristiques du champignon, et une amplification ADN par qPCR ciblant spécifiquement Serpula lacrymans.
Résultat : recherche d'ADN de mérule négative. Le champignon identifié est l'Asterostroma cervicolor, un lignivore responsable d'une pourriture fibreuse du bois, couramment rencontré dans les caves et les vides sanitaires humides.
Cette identification change deux choses pour le propriétaire. D'abord, la déclaration en mairie prévue pour la mérule ne s'applique pas. Ensuite, le champignon reste un dégradeur du bois : sa présence signale un taux d'humidité anormalement élevé dans les bois, au-delà de 35 à 40 %, qu'il faut traiter à la source.
- Prélèvement du mycélium sur les solives atteintes
- Examen microscopique des structures du champignon
- Amplification ADN par qPCR ciblant la mérule
- Identification de l'espèce et rapport de laboratoire
- Adaptation du protocole de traitement au résultat obtenu
L'humidité d'abord, le fongicide ensuite
Aucun traitement fongicide ne tient si le bois reste gorgé d'eau. Avant notre passage, la cause a été identifiée : un défaut de ventilation du vide sanitaire, sans remontée capillaire ni infiltration. Contrairement à une remontée capillaire, qui aurait nécessité un traitement de notre part sur la maçonnerie, un simple manque de ventilation peut être corrigé directement par le propriétaire, en dégageant ou en ajoutant des grilles d'aération. C'est ce qui a été demandé avant notre intervention sur le bois.
L'objectif est de ramener l'humidité du bois et de la maçonnerie sous 20 %. En dessous de ce seuil, le champignon ne peut plus se développer, et le produit fongicide donne sa pleine efficacité. Au-dessus, on repasse simplement un produit sur un support qui continue de nourrir le champignon.
Une fois cette condition remplie, l'intervention s'est déroulée sur une journée dans le vide sanitaire : bûchage des parties de bois dégradées pour retirer la matière sans cohésion, injection curative des bois à l'IFC 300 sur 36 points de perçage, puis application du fongicide en pulvérisation sur les bois et sur les maçonneries en contact. Le produit est employé dans le cadre de son usage homologué. Savio Protection Bois est certifié Certibiocide, ce qui encadre le choix du produit, son dosage, son application et son stockage.
Les champignons du bois à Blanquefort et en Gironde
Blanquefort se situe dans un secteur de palus et de terrains bas, avec une nappe proche et un climat océanique humide. Beaucoup de maisons reposent sur un vide sanitaire ou une cave, espaces que l'on ouvre rarement. Quand les grilles de ventilation sont obstruées ou trop peu nombreuses, l'air stagne et l'humidité s'installe durablement dans les bois de plancher.
Les signes à surveiller sont simples : odeur de moisi dans les pièces basses, plinthe ou parquet qui s'enfonce, peinture qui cloque au pied d'un mur, feutrage blanc ou plaques brunes visibles en vide sanitaire. Plus la détection est précoce, moins le bois de structure est touché.
Ce chantier montre aussi l'intérêt d'identifier l'espèce avant d'agir. Toutes les taches blanches ne sont pas de la mérule, mais toutes révèlent un problème d'eau. Le diagnostic porte donc autant sur le champignon que sur l'origine de l'humidité.
Le déroulé de l'intervention
- 1
Inspection du vide sanitaire
Repérage du mycélium sur les solives et les maçonneries, contrôle de l'état des bois et de la ventilation du volume.
- 2
Prélèvement et analyse en laboratoire
Échantillon de mycélium envoyé à Fongilab : examen microscopique et qPCR ciblant la mérule. Mérule écartée, espèce lignivore identifiée.
- 3
Suppression de l'humidité
Ventilation de la zone et arrêt de la source d'humidité par le propriétaire, avec un objectif de bois et maçonneries sous 20 % d'humidité.
- 4
Bûchage et traitement fongicide
Retrait des parties de bois dégradées, injection curative des bois à l'IFC 300 sur 36 points de perçage, puis application du fongicide en pulvérisation sur les bois et les maçonneries en contact, en une journée.
Photos du chantier
Toutes les photos sont issues de cette intervention réelle réalisée par notre équipe.







Questions fréquentes
Comment savoir s'il s'agit vraiment de mérule ?
À l'œil nu, plusieurs champignons du bois forment un mycélium blanc cotonneux très ressemblant. Seule une analyse en laboratoire tranche, en combinant un examen microscopique et une recherche d'ADN spécifique de Serpula lacrymans. C'est ce que nous avons fait ici, et le résultat a écarté la mérule.
Si ce n'est pas de la mérule, faut-il quand même traiter ?
Oui. Le champignon identifié provoque une pourriture fibreuse qui fait perdre au bois sa résistance. Il n'y a pas d'obligation de déclaration en mairie comme pour la mérule, mais sa présence signale un bois à plus de 35 à 40 % d'humidité, ce qui doit être corrigé puis traité.
Pourquoi les travaux d'humidité sont-ils à ma charge ?
Notre intervention porte sur le traitement du bois et des maçonneries contre le champignon. La suppression de la cause de l'humidité dépend du type de problème : une ventilation insuffisante ou une infiltration ponctuelle sont en général des travaux simples que le propriétaire peut réaliser lui-même (grilles d'aération, réparation d'une fuite). Une remontée capillaire, en revanche, nécessite un traitement spécifique de la maçonnerie, que nous pouvons réaliser nous-mêmes. Dans tous les cas, l'objectif est de ramener le bois et la maçonnerie sous 20 % d'humidité, seuil en dessous duquel notre traitement fongicide donne sa pleine efficacité.
Le champignon peut-il revenir après le traitement ?
Il ne peut pas se développer dans un bois maintenu sous 20 % d'humidité. Le risque de reprise vient donc d'un retour de l'eau. Gardez les ventilations du vide sanitaire dégagées et faites contrôler le volume si vous constatez à nouveau une odeur de moisi ou des taches blanches.
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